lundi 11 février 2013

CHRONIQUE "GUNG HO"

Dans un futur proche, quelque part en Europe, une épidémie a décimé la population, qui vit entassée dans les colonies. Dehors, rôdant, poussant pour entrer, les "intrus"...

Pas de panique, il ne s'agit pas d'un plagiat de Walking Dead. Si la base de saga post-apocalyptique est un peu la même, on se concentre ici sur l'organisation de la vie dans un camp de redressement pour ados.
Archer et Zack, les frères Goodwoody, échouent à la colonie 16 -en plein "zone de danger" - après s'être faits jeter à peu près de partout : jeunes, casse-cou, avec une tendance avérée pour "merder", ils sont les "brebis galeuses" du titre. Ils sont ici pour apprendre que les règles ont été établies pour garder la communauté en sécurité, mais pas toujours "règle" rime avec justice...



Conseil : craquez sur le grand format deluxe avec cahier graphique, limité à 3.000 exemplaires : la luminosité des couleurs à l'ordinateur de von Kummant y est extrêmement valorisée.









CHRONIQUE "VITO" D'ERIC STALNER

Entre mythe et réalité, il y a une frontière très mince que Giuseppe, projectionniste itinérant dans l'Italie de l'après-guerre, s'apprête à franchir dans cette nouvelle série du prolifique Eric Stalner.

Pour Giuseppe, amoureux de Carlotta sans oser l'avouer, timide et discret, toujours sur la route, à part son chien Barto les films sont la seule compagnie. Quand il visionne la bobine qu'un homme mystérieux lui donne, où l'on voit un faune et un bouc, il s'extasie donc devant ceux qu'il croit être des effets spéciaux à l'avant-garde. Mais la magie du cinéma n'y est pas pour grand-chose, Giuseppe va découvrir une autre dimension fantastique mais "réelle"...



Le basculement dans le fantastique est amené petit à petit, on savoure d'abord la vie sicilienne des années 1940 :  le  plaisir du frisson avec King Kong au cinéma, le vin rouge au coucher du soleil, la seule chose "que la guerre n'a pas pu gâcher", un bain dans la rivière glacée, mais aussi les familles puissantes qui dictent la loi dans le coin... Dans ce décor bucolique, Stalner plante une histoire qui est moins paisible que ce que ses douces couleurs directes  le laissairaient croire. Le Vito du titre semble avoir grandi dans la haine et  la discrimination. Le cliff-hanger final nous laisse dans le doute : y aura-t-il de l'espoir et de la beauté dans cet autre monde dont la porte s'ouvre dans les dernières cases, ou...?

Blog de l'auteur : http://stalner.blogspot.fr/






jeudi 31 janvier 2013

COUP DE COEUR "LE TUEUR" + LUC JACAMON A ANGOULÊME

Petites lunettes rondes, physique passe-partout, discret... tellement discret qu'il n'a pas de nom. De toute façon, dans sa branche d'activité, les noms, ça se change... Sa profession ? Tueur. Sans crédo politique, sans jugement moral, sans scrupules ni regrets, il peut éliminer des nonnes en Amérique Latine, des hommes d'affaires à Paris, pourvu qu'il soit correctement payé. Quoique, parfois, il a le vice de poser des questions...

Matz et Jacamon ont su créer un personnage incroyablement profond et complexe : le contraste entre son physique quelconque et sa violence, solitaire, il fonde pourtant une famille et il se prend d'affection pour le dealeur sud-américain Mariano et un flic ambigu, il aspire à se la couler douce dans un endroit isolé au Venezuela, pourtant il reprend constamment du service; il accepte tous les contrats, ne pose pas de questions, pourtant il est porté sur la vengeance et il n'aime pas ne pas saisir les nuances des pétrins dans lesquels il s'est fourré; il souhaiterait l'anonymat, et le voici associé dans une société de pétrole qui attire tous les regards et la jalousie à travers la planète. Parfois, il en est presque sympathique ! Dévoué à la cause des indiens autochtones au Venezuela, père qui réfléchit à ses devoirs un instant, sanguinaire l'instant d'après.


Pas étonnant que David Fincher et Brad Pitt aient mis une option pour adapter cette BD au cinéma !

Le T11, qui démarre le 3° cycle (1° cycle tomes de 1 à 5, 2° cycle tomes de 6 à 10), vient de paraître.
Parenthèse de publicité personnelle : le dessinateur de "Le Tueur", LUC JACAMON, participera à une rencontre dessinée samedi 2 février à Angoulême, au théâtre, salle Odéon, dans le cadre du 40° festival de la bande dessinée. Cette rencontre sera animée par moi, Camilla (la bavarde qui est là le lundi :-) ).

lundi 28 janvier 2013

DIDIER BONTEMPS A AUXERRE + CHRONIQUE LE VOL DE LA JOCONDE

Didier Bontemps est un dessinateur né à Châtillon sur Seine. Pendant les années 1990 il avait publié aux éditions Vents d'Ouest, se concentrant par la suite sur l'illustration; aujourd'hui, il revient à la BD avec "Le vol de la Joconde", aux éditions Roymodus, qu'il dédicacera lors de "Auxerre fait son Angoulême".


Paris, 21 août 1911 : le célèbre tableau "La Joconde" de Leonardo da Vinci disparaît, en passant sous le nez de... et bien, de personne, puisque la surveillance est pratiquement inexistante ! Le commissaire chargé de l'enquête est dans le noir complet, et il bat toutes les pistes : les collectionneurs américains, les allemands alors que le climat politique avec la France devient tendu, un certain Pablo Picasso et ses amis cubistes, le secrétaire belge de Guillaume Apollinaire... Les journalistes s'en donnent à coeur joie, et se moquent des failles de sécurité aux Louvre en organisant des canulars !

Dans l'album, les noms des enquêteurs ont été changés et caricaturés (Colombeau, etc...), les méthodes de la police sont tournées en ridicule, pourtant, tout est vrai : par exemple, Guillaume Apollinaire fut vraiment accusé et emprisonné pour complicité de recel de malfaiteur. Mais encore : le vrai voleur, Vincenzo Peruggia, avait insinué à un moment avoir été approché et manipulé par un espion allemand, etc...
Découvrez en rigolant un moment loufoque de l'histoire de France !



ERIC RÜCKSTÛL A AUXERRE + CHRONIQUE SAMPIERO CORSO

Eric Rückstül aime la Corse et la célèbre dans ses BD ("Le bagne de la honte", "Paoli", "Corsu" aux éditions DCL), mais il n'oublie pas qu'il est né en Bourgogne et il sera donc des nôtres lors du festival "Auxerre fait son Angoulême".

Vous pourrez y faire dédicacer entre autres "Sampiero Corso" (DCL éditions), série en 2 tomes autour du célèbre condottiere du XVI siècle Sampiero de Bastergà.
Dès son enfance, Sampiero rêve d'être militaire, comme les hommes de sa famille, et d'être puissant pour pouvoir reconstruire les châteaux et les donjons détruits par les Génois qui dominent son île. Même une fois à Florence, chez les Médicis qu'il sert de nombreuses années, il n'oublie pas sa terre. Et il y reviendra, en effet...
Ce premier tome, riche en batailles et affaires politiques, se termine sur une note de tension : Sampiero, revenu en Corse, honore une promesse de paix faite des décennies auparavant, en épousant l'héritière de ses rivaux, Vannina d'Ornano, dans le but pratique d'avoir une descendance. Mais sa haine pour les génois, auxquels les D'Ornano sont alliés, n'est malgré tout pas éteinte, et de plus Vannina ne semble pas très partant pour adorer son époux comme celui-ci s'y attendait... Sera-t-elle conquise à la fin par ce colonel qui a fait plier des armées entières ?

dimanche 20 janvier 2013

CHRONIQUE ÛBELBLATT

Une saga dark-fantasy sombre, une histoire de triste et cruelle trahison, de vengeance après la mort. 
Même si le protagoniste, le très jeune Koïnzell, un demi-elfe, est d'apparence frêle et féminine, il s'agit en réalité de la réincarnation d'un homme trucidé par ses amis, qui depuis 20 ans les recherche, poussé par le besoin de rétablir son honneur. Alors qu'il a sauvé le royaume contre l'Armée des Ténèbres, ses sept compagnons ont pris tous les mérites, l'ont torturé et tué, en souillant sa mémoire avec le surnom de "lance de la trahison". Aujourd'hui, ils dominent le monde, mais Koïnzell est de retour, et ça va changer...




Ubelblatt s'était interrompu depuis 2 ans; le tome 12 vient enfin de sortir, un nouveau cycle est lancé ! Il faut un moment pour rentrer dans cette histoire complexe, foisonnante de personnages secondaires, dans les enjeux géopolitiques de ce monde au croisement entre Ken le Survivent et le Moyen-Âge allemand, mais une fois qu'on a commencé, on est complètement happés ! 

mardi 15 janvier 2013

CHRONIQUE : BATMAN, UN LONG HALLOWEEN

Qui est Holiday, le tueur qui n'élimine que des méchants, que les jours de fête ?
Le procureur Harvey Dent, ou un rival de la famille mafieuse qui subit le plus de pertes, ou Catwoman, ou Poison Ivy, ou... ? Même Nigma s'y perd ! L'Almanach est jaloux. En tout cas, ce n'est pas du goût du Joker, puisque "Gotham est trop petite pour 2 tueurs cinglés". Ça ne peut que mal se terminer...


Drame épique qui fait défiler la majeure partie des adversaires de Batman et qui établi le trio procureur Dent + commissaire Gordon + Batman en tant que protecteurs "purs" de la ville, "Un long Halloween" est surtout un très bon roman policier. 
C'est aussi un des comics qui ont le plus inspiré le film "Batman Begins" de Christopher Nolan, dont une belle interview est reproduite en préface.