jeudi 12 juin 2014

CHRONIQUE : LE CHÂTEAU DES ETOILES


1868, la révolution industrielle se poursuit dans toute l'Europe et l'expansion pangermaniste de la Prusse vise les principautés voisines. Le charbon et la poudre à canon saturent l'atmosphère pendant que certains rêvent d'explorations lointaines, d'air pur et d'éther, cette substance quasi magique. C'est le cas de Claire, qui disparaît lors de son ascension en ballon pour atteindre 11000 mètres.  Son mari et son fils Séraphin se lancent à sa recherche après avoir reçu une étrange invitation.


Après ce premier volume d'introduction, qui présente les contextes historique et familial ainsi que le but de l'aventure,  deux autres volumes paraîtront rapidement. La parution en feuilleton rappelle la diffusion des romans de Conan Doyle ou Jules Verne dans les quotidiens du XIXème siècle.
Le récit rythmé s'inspire des œuvres de Jules Verne. Le lecteur retrouvera dans Le Château des étoiles le souffle de la science fiction du célèbre nantais. Alex et Alice nous livrent un bel ouvrage. Le grand format et le découpage permettent d'apprécier le dessin mais aussi de prendre de la hauteur. La couleur à l'aquarelle légèrement délavée fait écho à l'éther et à la poésie du récit. Le lecteur adulte sera sensible au côté steampunk de l'ensemble. 
La présentation très originale sous forme de quotidien ainsi que les annexes de la quatrième de couverture sont particulièrement attractives. La fréquence de diffusion des épisodes permet de tenir en haleine le lecteur sans risquer de le lasser..
Petits et grands se retrouveront autour de ce journal mi quotidien, mi carnet de bord.




mardi 1 avril 2014

CHRONIQUE : LES DAMNES DE PARIS


1869, à la veille de la Commune, Constance sort du couvent où elle a été enfermée et arrive à Paris pour rechercher le fils qui lui a été arraché à la naissance. La puanteur et la brutalité de la capitale en chantier font perdre à la jeune femme sa naïveté. Dans sa recherche, elle sera épaulée par Darius, un gavroche des faubourgs, et André Gill, caricaturiste et peintre en devenir.

Le propos de Michaël Le Galli (Les 7 guerrières, Les démons de Marie, Le sang des bâtisseurs...) est dramatique et cruel. Cette cruauté est cependant adoucie par le dessin élégant, presque raffiné, et les couleurs feutrées de Marie Jaffredo (Les démons de Marie, Le sang des bâtisseurs avec Le Galli). Les décors parfaitement détaillés et la précision du trait rappellent la photographie naissante. Le lecteur curieux est bien servi par les détails historiques et architecturaux. Les recherches documentaires ont permis aux 
auteurs de retrouver le Paris pré-haussmannien. Tout au long de la lecture, on croise Zola, Nadar ou Gambetta qui ancrent le récit dans la Commune.

Véritable chronique sociale, le récit de Michaël Le Galli nous plonge littéralement dans la société parisienne de la fin du Second Empire. Cet ouvrage de grande qualité esthétique est une belle réussite.

Auteur : Michaël LE GALLI
Dessin & couleur : Marie JAFFREDO
Vents d'Ouest, One Shot


mardi 25 mars 2014

CHRONIQUE : KILLING JOKE



Le Joker s'évade et est bien décidé à se venger de Batman ; pour cela, il s'attaque au Commissaire Gordon et à sa fille. Dans le même temps, Batman s'interroge sur l'origine du Joker. L'évasion du Joker de l'asile d'Arkham et les interrogations de Batman sont le prétexte à un va et vient entre le passé d'artiste raté de Joe Kerr et le présent du Prince des clowns et du crime. Leur confrontation finale est inéluctable et la chute de l'un ou l'autre et attendue. Et quelle chute...
 Comment le Joker en est arrivé là ? Voici l'une des réponses apportée dans un volume signé Alan Moore.  Le Joker n'est-il pas déjà malade avant sa chute dans le bain d'acide ? Le traitement qu'il inflige au commissaire Gordon ne va-t-il pas le faire basculer dans la folie ? L'intensité dramatique du récit et l'horreur de certaines scènes servent à illustrer le chaos entourant les affrontements entre Batman et sa Némésis. Le paroxysme est atteint dans les deux dernières planches. Les dessins rehaussés par un aplat de couleur subtil (voir le bol de crevettes) servent parfaitement un récit fluide et rythmé par les flash-back sur l'origine du Joker.
La réédition de cet album culte paru en 1989 permet aux « jeunes » de découvrir un récit exceptionnel en 46 planches. elle permet également aux « anciens » de redécouvrir le récit colorisé selon les choix du dessinateur. Une initiative salutaire afin de se plonger dans la mythologie de l'homme chauve-souris.

Auteur : Allan MOORE / Dessin & couleur : Brian BOLLAND









mardi 18 mars 2014

DEDICACE ROMAIN GONDY AU CAFE BD LE MAZAGRAN


Nous avons le plaisir d’accueillir, au café BD Le Mazagran le 22 samedi Mars à 14h30, Romain Gondy pour la dédicace de son album Fishman :



A bientôt
La Pieuvre librairie


https://www.facebook.com/pages/La-pieuvre-librairie/259999284103274

mardi 11 mars 2014

CHRONIQUE : GOLDEN DOGS


 
Ils sont quatre, quatre as, Fanny la prostituée, Lario le castrat, Lucrèce la déportée et Orwood le maître d’œuvre. Jeunes, beaux avec le monde à leurs pieds, ils prennent leur revanche sur la haute-société londonienne et sur ses âmes damnées, les Black Birds. Un seul larcin, un seul chef d’œuvre aura suffit pour cela. Surveillance, espionnage, infiltration et virtuosité sont les clés de la réussite.
La classieuse couverture de cette édition est rehaussée d'or comme l'or que les Golden Dogs ont au bout des doigts. Le dessin de Griffo (déjà vu dans Sherman et Oracle de la Luna) sert une narration haletante et sans temps mort. Un à plat de couleur chatoyant pour l'intérieur et sombre pour les rues de Londres souligne l'ambiance du volume. Stephen Desberg (IRS, Le Scorpion) présente dans ce tome Fanny, la prostituée marquée au fer. C'est à travers son regard que nous découvrons le quatuor. Desberg garde en réserve les « background » des autres personnages et nous met l'eau à la bouche avec un tome d'ouverture et de présentation pour cette série qui suivra les aventures des 4 membres des Golden Dogs sur quatre tomes. L'étendue de la série est déjà connue et c'est un bon point à l'heure où certaines séries trop longues s'enlisent. 
4 tomes en un an, pas le temps de se lasser d'une belle série prometteuse.

Dessin & couleur : GRIFFO & BURGAZZOLI
Auteur : Stephen DESBERG




vendredi 31 janvier 2014

CHRONIQUE : HAIKYU !! LES AS DU VOLLEY



Haikyu !! Les as du Volley de Haruichi FURUDATE.


Nous suivons l'histoire de Shoyô au cœur du sport qu'il aime : le volley. Malgré ses 1m63, 

sa taille ne l'empêche pas de faire ses preuves sur le terrain grâce à une détente phénoménale!
En intégrant la section volley du lycée Karasuno, Shoyô est déterminé à prendre sa revanche contre Tobio, un passeur aussi arrogant que talentueux, qui l'avait humilié au collège. Après être devenu son ennemi juré, il découvre que Tobio est son futur coéquipier.
Ils vont devoir travailler en équipe pour redorer le blason de l'équipe de volley de Karasuno.
Furudate nous présente le volley ball. Son graphisme dynamique nous permet de rester au dans l'action avec un personnage attachant grâce à sa motivation omniprésente.
Ce manga est conseillé aussi bien aux néophytes qui veulent découvrir ce sport, qu'aux personnes déjà initiées. 
Pour conclure, Haikyu !! Les as du Volley est une belle découverte à tous ceux qui apprécient les Shonen portant sur le sport.  Ainsi qu'un petit clin d’œil sympathique pour les amoureux de Jeanne et Serge ! 




Maureen Groseiller








vendredi 17 janvier 2014

CHRONIQUE : LES CARNETS DE CERISE


















Les carnets de Cerise : T1-Le Zoo pétrifié

Cerise, dix ans, rêve de devenir écrivain. Pour s'entraîner, elle entreprend d'ouvrir une galerie des personnages de son quotidien. Ses enquêtes vont la mener sur la piste d'une véritable arche de Noé...
Cerise nous emmène à l'aventure : avec des copines, dans un bois, une cabane, sous la pluie, loin de la console et de la télévision. Textes intelligents et dessins servent une histoire rafraîchissante et pleine de poésie. Les auteurs alternent les pages de journal intime et les bulles au profit du récit qui est ainsi bien rythmé. Les couleurs et la couverture sont tendres mais sans excès. L'ouvrage se lit facilement et un enfant n'aura pas besoin de l'aide d'un adulte pour entrer dans cette histoire.
Réaliser une bande dessinée pour fille d'une dizaine d'années est une réelle gageure. Souvent, les auteurs se contentent de rose, d'un soupçon d'aventure façon « garçon manqué » et d'un vocabulaire limité quand ils ne versent pas dans la mièvrerie. Ici, ce n'est pas le cas : suivre Cerise est un plaisir même (ou aussi) pour un adulte. Cette série est bien née et le deuxième tome, sorti en octobre 2013, est à l'avenant. C'est un cadeau idéal pour une petite nièce et si Cerise l'incite à la lecture, alors le pari est gagné.